La gestion des déchets d’activités de soins à risques infectieux ne laisse aucune place à l’improvisation, surtout quand on sait qu’un mauvais conditionnement peut entraîner des sanctions lourdes. Vous avez probablement déjà ressenti cette hésitation au moment de remplir votre bordereau de suivi ou de choisir le bon fût plastique homologué. Cet article décortique pour vous la réglementation un 3291 afin de sécuriser votre traçabilité et vos expéditions de DASRI en toute conformité. On fait le point ensemble sur vos obligations et les solutions pratiques pour maîtriser vos flux de catégorie B.
La réglementation UN 3291 : définition et classification ADR
Le code ONU 3291 désigne les déchets d’activités de soins à risques infectieux (DASRI) de catégorie B. Cette classification impose des contenants homologués et une traçabilité rigoureuse via le bordereau de suivi des déchets.
Le numéro UN 3291 identifie les DASRI de catégorie B. Ils appartiennent à la Classe 6.2 sous le code de classification I3.
L’identification précise du risque biologique est le préalable indispensable pour distinguer ces matières des agents pathogènes plus dangereux.
Distinguer les DASRI des autres matières infectieuses
Le UN 3291 (catégorie B) se distingue des matières hautement pathogènes de catégorie A (UN 2814/2900). Ici, le risque infectieux est considéré comme modéré.
La dangerosité biologique suit le code de l’environnement. Consultez l’arrêté du 25 janvier 2021 pour le cadre légal. L’exclusion de la catégorie A simplifie grandement votre logistique habituelle.

Le classement ADR : Classe 6.2 et code I3
Le code I3 concerne les déchets de soins, incluant les objets piquants ou coupants. La sécurité repose sur ce classement spécifique.
L’expéditeur assume la responsabilité du classement initial. Le producteur garantit l’exactitude des informations. Sollicitez un CSTMD pour sécuriser vos expéditions. La conformité débute par une identification sans faille du code 3291 sur site.
3 étapes pour un conditionnement et un stockage conformes
Une fois la matière classée, la sécurité repose entièrement sur l’intégrité physique des contenants utilisés pour le stockage et le transport.

Sélectionner des emballages agréés et étanches
L’arrêté du 24 novembre 2003 fixe des règles strictes. Vos emballages doivent impérativement résister aux perforations. Ils garantissent une étanchéité totale face aux fluides biologiques.
Utilisez des fûts plastiques, des boîtes à aiguilles ou des GEV. Respectez scrupuleusement les limites de remplissage. Ne surchargez jamais vos contenants.
- Étanchéité certifiée
- Résistance mécanique
- Homologation ONU visible
Apposer le marquage ONU et l’étiquette de danger
L’étiquette de danger 6.2 est obligatoire. Le symbole des matières infectieuses doit trancher sur le fond blanc. C’est votre principal rempart visuel.
Inscrivez clairement le numéro ONU 3291. La désignation officielle de transport accompagne ce marquage. Chaque colis doit être identifiable sans ambiguïté.
Le marquage correct des colis est le premier rempart contre les erreurs de manipulation lors des transferts logistiques.
Gérer les incompatibilités lors du stockage temporaire
Séparez physiquement vos flux. Ne stockez jamais de DASRI près de produits inflammables. Votre zone doit rester ventilée et sécurisée en permanence.
Surveillez vos délais de stockage légaux. Ils dépendent directement du volume produit annuellement. Un suivi rigoureux évite tout dépassement réglementaire.
Ne jamais stocker les DASRI avec des produits inflammables ou chimiques ; assurer une zone ventilée et sécurisée ; respecter les délais légaux de stockage selon le volume produit.
Appliquez scrupuleusement le protocole de désinfection des zones. C’est le garant d’une exploitation saine sur votre site.
Comment expédier vos DASRI en respectant l’ADR ?
Le conditionnement validé autorise le départ du site, mais le mouvement des déchets exige une documentation administrative et technique irréprochable.
Rédiger le document de transport et le bordereau de suivi
Le document de transport doit obligatoirement mentionner le code ONU 3291. Vous devez y préciser la classe 6.2. Le groupe d’emballage n’est pas requis pour cette matière.
Le Bordereau de Suivi des Déchets assure votre traçabilité réglementaire. Ce document suit le déchet jusqu’à son élimination finale. Il prouve le traitement en centre agréé.
Conservez précieusement vos documents pendant cinq ans. Les agents de la DREAL vérifient systématiquement cet archivage. C’est une obligation légale stricte.
Définir les responsabilités entre expéditeur et transporteur
Le transporteur doit vérifier l’état des colis avant le départ. Il contrôle aussi la signalisation du véhicule. L’expéditeur garantit toujours l’exactitude du contenu déclaré via une formation ADR adaptée.
Le déchargeur réceptionne les déchets sur le site de traitement. Il valide la fin de l’opération. Sa signature sur le bordereau clôture officiellement le transport.
| Intervenant | Mission principale | Responsabilité ADR |
|---|---|---|
| Expéditeur | Classement et emballage | Garant du contenu (1.4.2.1) |
| Transporteur | Acheminement sécurisé | Vérification visuelle (1.4.2.2) |
| Destinataire | Réception et déchargement | Validation du BSD (1.4.3.1) |
Maîtriser vos flux : exemptions et missions du CSTMD
Au-delà des règles générales, certaines souplesses réglementaires existent, à condition d’être encadrées par une expertise technique pointue.
Appliquer les seuils d’exemption de l’ADR 1.1.3.6
Calculez précisément vos limites de masse brute. Sous le seuil de 333 kg pour la catégorie 2, la signalisation orange n’est pas requise. Cette règle simplifie vos expéditions quotidiennes.
333 kg (catégorie 2)
Pas de plaques orange
Analysez les dérogations de l’arrêté TMD. Elles permettent parfois l’usage de véhicules de service pour de faibles quantités. C’est un levier d’optimisation pour vos interventions sur site.
Vérifiez vos équipements de sécurité obligatoires. Même en exemption, l’extincteur et la formation des conducteurs restent des exigences incontournables de l’ADR. La sécurité ne se négocie jamais.
Le rôle du conseiller à la sécurité et la formation 1.3
Désigner un CSTMD selon l’ADR 1.8.3 est une obligation légale. Cette fonction est indispensable pour les entreprises expédiant régulièrement des marchandises dangereuses. Elle sécurise juridiquement votre activité.
La désignation d’un CSTMD est obligatoire selon l’ADR 1.8.3 pour toute entreprise expédiant régulièrement des marchandises dangereuses dès que les seuils d’exemption sont dépassés.
Respectez les obligations de formation du chapitre 1.3. Tout le personnel manipulant des DASRI doit recevoir une sensibilisation aux risques biologiques. La compétence évite les erreurs de manipulation.

Rédigez rigoureusement votre rapport annuel. Ce document audite la conformité du site et prévient les accidents. Sollicitez dès maintenant un diagnostic gratuit de conformité pour faire le point.
Maîtriser la conformité UN 3291 garantit la sécurité biologique et la traçabilité de vos déchets via des emballages homologués. Appliquez dès maintenant ces standards de marquage et de stockage pour sécuriser vos flux. La réglementation un 3291 protège votre établissement : agissez aujourd’hui pour une gestion irréprochable demain !
F.A.Q
Qu’est-ce que la classification UN 3291 pour les déchets de soins ?
Le code UN 3291 désigne officiellement les « Matières infectieuses pour l’homme (ou l’animal), catégorie B« . Concrètement, cela englobe la majorité des DASRI (Déchets d’Activités de Soins à Risques Infectieux) comme les compresses souillées, les pansements ou les déchets anatomiques. C’est le cadre réglementaire qui définit comment vous devez manipuler ces matières pour éviter tout risque biologique.
Quelles sont vos obligations pour le conditionnement des DASRI ?
Vous devez impérativement utiliser des emballages homologués ONU et parfaitement étanches. Qu’il s’agisse de boîtes pour objets perforants (aiguilles, scalpels) ou de fûts plastiques, ces contenants doivent résister aux perforations et aux fuites de fluides biologiques. N’oubliez pas : le marquage UN doit être visible et l’étiquette de danger 6.2 (matières infectieuses) apposée clairement sur chaque colis.
Comment assurer la traçabilité lors du transport de ces déchets ?
La traçabilité repose sur le Bordereau de Suivi des Déchets (BSD), désormais dématérialisé via l’application Trackdéchets. Ce document, couplé au document de transport ADR, accompagne vos déchets de leur site de production jusqu’à leur élimination finale (incinération ou prétraitement). Vous devez conserver ces preuves d’élimination pendant une durée de cinq ans pour rester en conformité avec la DREAL.
Existe-t-il des exemptions de transport pour les petites quantités ?
Oui, absolument ! L’ADR prévoit des seuils d’exemption, notamment via le chapitre 1.1.3.6. Si vous transportez moins de 333 kg (masse brute) de DASRI de catégorie 2, vous bénéficiez d’allègements significatifs, comme l’absence de panneaux orange sur le véhicule. MAIS ! Même sous ce seuil, la formation du personnel et la présence d’un extincteur à bord restent des exigences de sécurité minimales obligatoires.
Qui est responsable de l’élimination des DASRI sur votre site ?
La règle est simple : le producteur du déchet est le premier responsable de son élimination. Que vous soyez un professionnel de santé libéral, un tatoueur ou un responsable d’établissement de santé, vous devez garantir que vos déchets sont triés, stockés et collectés par un prestataire agréé. Si l’option vous semble complexe, sachez qu’un CSTMD (Conseiller à la Sécurité) peut vous aider à auditer vos pratiques pour éviter toute sanction.


